Sounds of Mirrors

Dhafer Youssef

Sounds of Mirrors : un dialogue d'âmes sœurs autour de l'oud

Dhafer Youssef Oud, chant
Elvind Aarset Guitare
Raffaele Casarano Saxophones
Adriano Dos Santos Percussions

Certains musiciens connaissent une relation profondément intime avec leur art. Quand à 19 ans le futur maître du oud tunisien, Dhafer Youssef, découvre la musique indienne à Vienne où il étudie la musique classique, l’initiation fait l’effet d’un émerveillement et d’une révélation. Les sonorités hindoustanies touchent au cœur de l’âme musicale du jeune homme. Dès lors Dhafer rêve de musique indienne.

Il est des rêves qui durent longtemps. Neuf albums plus tard, le musicien voyageur qui a contribué à introduire l’oud dans le jazz invite le fameux percussionniste Zakir Hussain à partager quelques scènes françaises. A ce duo, se joignent pour l’enregistrement de l’album le clarinettiste turc Hüsnü Şenlendirici puis l’aérien guitariste jazz norvégien Eivind Aarset. Le disque, qui à l’origine était un hommage à Zakir Hussain et au tabla, prend alors une direction inattendue. « J’ai senti que, partant d’un socle culturel indien, nous pouvions aller vers un propos plus universel... Cet enregistrement m’a fait l’effet d’une ode à l’amitié et à la fraternité. Quand nous jouions ensemble, j’avais la nette sensation que des âmes sœurs se reflétaient. D’où le titre de l’album : « Sounds Of Mirrors », raconte Dhafer.

Dans cette œuvre de maturité musicale, muée en concert avec un ensemble partiellement renouvelé, la voix se met en retrait au bénéfice d’une musique qui se déploie, épanouie. Émergent alors toutes les finesses de la composition et le talent du soliste. Si la colonne vertébrale du programme tient en une poignée de titres contemplatifs (dont certains évoquent parfois les utopies ambient de Jon Hassell), le goût de Dhafer Youssef pour le groove ne se dément jamais. Une aubaine pour l’auditeur qui assiste ainsi, au fil du renouvellement permanent de Dhafer Youssef, à de nouvelles rencontres comme autant de couleurs musicales jamais imaginées. L’art du partage tient de l’alchimie fine.