Nahasdzáán ou le monde scintillant

Oratorio dansé pour voix, ensemble, instrumental, danseurs et animaux

Thierry Pécou Idée originale et composition
Laura Tohe Livret
Luc Petton Chorégraphie et mise en scène

Oliver Brignall (ténor) Le jeune frère – Le Coyote
John Taylor Ward (basse) Premier Homme – Le frère ainé - L’Aigle
Noa Frenkel (contralto) Première femme - Le Corbeau
Christie Finn (soprano) Femme-araignée
Anne Cartel Flûte
David Louwerse Violoncelle
Laurène Durantel Contrebasse
Carjez Gerretsen Clarinette
Nicolas Prost Saxophone
Marie Vermeulin Piano Électrique
Elisa Humanes Percussions

En posant un regard sur les cérémonies de guérison des Indiens Navajo (Etats- Unis), Nahasdzáán ou le monde scintillant propose un éclairage sur la relation entre l’homme et son environnement naturel, entre tradition et modernité, dans le contexte de notre civilisation responsable d’une destruction sans précédent des écosystèmes et déstabilisée par les mutations accélérées des valeurs sociétales.

Les Indiens Navajo ont élaboré une vision du monde fondée sur « Hozho », un terme signifiant à la fois beauté, harmonie avec l’environnement et le cosmos, santé, équilibre des liens sociaux et familiaux. La société traditionnelle navajo déploie toute sa force à préserver « Hozho » dont les garants sont les hommes et femmes médecine qui sont appelés à mener de longues et impressionnantes cérémonies de guérisons nommées « Voies ». Durant une cérémonie - qui peut durer jusqu’à neuf jours - le passé mythique est interrogé, le chant est omniprésent, et l’homme médecine et ses assistants tracent sur le sol du hogan (la maison navajo) de complexes peintures sur sable qui font partie du processus de guérison.
La forme de cet oratorio retrouve, bien entendu sans aucune appropriation directe, l’esprit d’une « Voie » navajo, au plus près du livret écrit par la poétesse navajo Laura Tohe à partir de matériaux traditionnels. Construit à partir des histoires sacrées du peuple Diné (Navajo) l’oratorio évoque la création des quatre mondes progressant, du bas vers le haut, vers un état toujours meilleur : le Monde noir peuplé d’insectes, le Monde bleu où dominent les oiseaux, le Monde jaune où l’on suit Femme araignée et Coyote, et le Monde blanc : notre monde actuel. Ces récits déplorent les destructions causées par les être sacrés et par les hommes et relatent la création des cérémonies de guérison qui permettent la restauration de l’équilibre et de l’harmonie.

La présence des animaux (loup évoquant Coyote, aigle, vautour, chouettes), sujets essentiels de la mythologie navajo et expressions d’une autre mode de présence, une autre réalité d‘espace-temps, vient rappeler l’enchevêtrement des mondes et des espèces dans une même inquiétude quant au rétablissement de l’harmonie sur notre planète. Qu’en est-il, qu’en sera-t-il de ce « monde scintillant » et de notre la terre-nourricière Nahasdzáán, devenue un bien exploitable sans vergogne pour l’homme contemporain ?

Nahasdzáán : « la Terre » en langue navajo, littéralement « celle qui est la femme », ou « la terre-féminine ». Le monde scintillant : ou le monde blanc, « Nihalgai », 4e, ou pour certains, 5e monde de la cosmologie navajo.