Mizara ny Tsara

Rajery

Des traditions malgaches à l’écriture vocale

Création

Rajery valiha, chant
Chœur des écoles de Varces

« Ce sont les enfants qui vont nous remplacer demain  » rappelle Rajery (prononcer ‘Rajer). « Les aider à se préparer, leur apprendre des chansons, c’est mon devoir mais c’est aussi un énorme plaisir. ». Et ce plaisir est manifeste ! Le musicien rayonne, partageant sa passion à qui veut bien tendre l’oreille et ouvrir ses yeux. Il livre ce qu’il sait. Il ne conserve pas : il propage…, notamment auprès de ces innombrables enfants avec qui il n’a de cesse de travailler depuis une trentaine d’années dans son pays et de par le monde. Un travail d’ailleurs reconnu par l’Unesco.

À la suite d’une commande du festival et de la ville de Varces-Allières-et-Risset, cet ambassadeur des musiques vivantes de Madagascar, Rajery, nous présente ici la création qu’il a préparée à l’issue de sa résidence à Varces avec le Chœur des écoles communales.

Artiste pétillant, il est tout à la fois auteur, compositeur, chanteur, éducateur, musicothérapeute, promoteur de mille événements musicaux dans sa Grande Île… et virtuose de la valiha (prononcer ‘vali’), cette cithare tubulaire en bambou emblématique de l’île. Il en ravive depuis des lunes les sonorités cristallines qui rappellent tour à tour la harpe, le clavecin, la kora, le santour ou la sanza. Rafraichissant le répertoire traditionnel, il s’aventure dans les différents styles de jeu, et à partir de là, apprivoise les nombreuses traditions musicales et vocales appartenant aux différentes ethnies de la mosaïque malgache : mélodies des hauts plateaux, rythmes salegy de la côte, polyphonies vocales du Sud…

Ses chansons, écrites en malagasy, la langue nationale, parlent des feux de brousse qui ravagent la forêt ou des voleurs de zébus, dénoncent la pauvreté et l’insécurité qui minent le pays, évoquent la vie quotidienne du petit peuple, ses craintes, ses espoirs. Musique vivante qui puise ses racines dans la terre malgache, tout en acceptant l’imprégnation d’influences musicales extérieures. On y goûte la lumière, la candeur et le charme de cette île rouge ouverte sur le monde... que ce « Prince de la valiha » aura, pour sûr, su transmettre à ses jeunes partenaires de Varces !