Le journal d’un fou

Qingqing Teng

Folie et liberté en multimédia

Création CIMN
Chantier

Yi Chen, Léa Koster, Félix Leclerc, Lara Oyedepo, Alice Ricochon, Meng-Fu Hsieh Percussion et interprétation Yuchen Han Scénographie, vidéo
Qingqing Teng Direction artistique, composition

“Le Journal d’un fou” est inspiré de l’œuvre éponyme de l’écrivain Lu Xun. Écrite en 1918, elle est la première publication de la littérature chinoise moderne rédigée en chinois vernaculaire. Lu Xun y dénonce, à travers la métaphore du cannibalisme, le déni de la liberté individuelle et le triomphe d’un idéal social absurde fondé sur des mesures coercitives et centralisées.

La nouvelle se présente sous la forme d’extraits d’un journal rédigé par un jeune homme atteint de délire de persécution, convaincu que son entourage est composé de « mangeurs d’hommes ». À la lecture d’un livre d’histoire, rempli des mots « Bienveillance, Justice, Voie et Vertu » (les vertus de l’humanisme classique), le fou supposé découvre « écrits partout entre les lignes sur toutes les pages, d’un bout à l’autre du volume, les mêmes mots toujours répétés : ’manger de l’homme’ ». Persuadé que son propre frère a mangé sa petite sœur morte à l’âge de cinq ans, croyant comprendre que depuis plus de quatre mille ans les hommes se dévorent entre eux, le fou en vient à se demander s’il n’est pas lui-même devenu cannibale à son insu. La nouvelle se termine sur ces mots : « S’il y a encore des enfants qui n’aient pas mangé de l’homme ? Sauvez- les !... ».

Le scénario de Qingqing Teng, pianiste et directrice artistique, convertit le Journal en un théâtre musical multimédia, combinant musique électroacoustique, percussions et vidéo. Les six musiciens sur scène ne sont plus simplement considérés comme des instrumentistes, en l’occurrence des percussionnistes, mais ils interprètent également des rôles complexes aux multiples facettes. Tout en jouant de leurs percussions, ils racontent ainsi l’histoire de ce village absurde, chacun incarnant tel ou tel personnage du Journal. Le fou et les habitants peuvent néanmoins être aussi présents sous forme d’images vidéo, celles-ci ouvrant sur un nouvel espace virtuel.