La Voce Della Luna

Entre chants liturgiques médiévaux et jazz

Erik Truffaz Trompette
Marie-Laure Teissèdre Cheffe de chœur Émelthée
Chœur Émelthée : Mathilde Monfray, Baptistine Mortier, Eline Truffaz Soprano Pauline Prot Alto Josquin Gest Contre Tenor Eymeric Mosca, Fabrice Foison Tenor François Joron, Etienne Planel Baryton / Basse

Le trompettiste Erik Truffaz a toujours été avide de rencontres et d’expérimentations avec d’autres sons, d’autres tonalités, d’autres inspirations. Depuis le début des années 1990, il a ainsi voisiné tour à tour avec la musique électronique, le rock, les tablas indiens, les chants africains, un orchestre symphonique ou le rap. Cette fois, son cheminement le porte à faire dialoguer sa trompette avec le chant grégorien, une forme de chant qui le fascine depuis longtemps et qu’il revisite ici avec le Choeur Emelthée, dirigé par Marie-Laure Teissèdre. Comme une façon de renouer, pour Erik Truffaz, avec certaines racines de sa culture européenne, tout en notant qu’il s’agit aussi d’une musique modale qui laisse toute sa place à l’improvisation, principe repris par le jazz dans les années 1960 et dans les musiques électroniques. Le lien surgit donc naturellement avec le travail d’un choeur dont le répertoire aborde jusqu’aux musiques d’aujourd’hui et qui veut faire vivre cet art fluide, mobile, spontané et direct, évolutif qu’est le chant. D’autant que certains compositeurs médiévaux comme Pérotin le Grand, un des fondateurs de la musique polyphonique occidentale, paraissent d’une incroyable modernité.

Marqué par l’expérience du saxophoniste norvégien Jan Garbarek qui avait imaginé un projet similaire en son temps avec l’Ensemble Hilliard, il a développé ici avec Marie-Laure Teissèdre une proposition à partir de quatre pièces qu’il a lui-même composées : Saraswati, Ad Lesbiam, Mettus Remite et La Voce della Luna.

Ici les influences hindoues côtoient Pérotin le Grand, le compositeur estonien contemporain Arvo Pärt ou le maitre de musique sacrée de la Renaissance Cristóbal de Morales ; la trompette colorant et improvisant sur ces œuvres tout en dialoguant avec les huit voix du chœur, un chœur de jeunes chanteurs professionnels qui cultive l’esprit de troupe propice à l’engagement des artistes, mettant en valeur la capacité de chacun à s’entendre et se répondre autour de la recherche du son juste et d’un renouvellement de présentation des œuvres. Les musiciens se mêlent ainsi au public pour chanter et partager ensemble des improvisations collectives et le chant final La Voce della Luna que chacun pourra emporter avec lui, … comme un écho de cette intemporalité de telles musiques.