L’Ant(h)ropiquocène

Olivier Strauch

Conte écologique et tropical

Création

Adèle Guillou Plumbea
Éléonore André Spevida
Olivier Strauch Kalankoué
Dominic Toutain Voix de Kalankoué
Olivier Strauch Composition musicale
Sophie Grangerat Assistante de réalisation
Étienne Guichard Regard extérieur
Catherine Béchetoille Scénographie
Amandine Gomez Cadre
Guillaume Boissonnet Sons
Marie Mazille Clarinettes
Patrick Reboud Accordéon, piano
Michel Sanlaville Contrebasse
Le Carapa-Chœur

Poètes, vous êtes ici chez vous ! La science, sans vous, ne serait que ce qu’elle est ; donnez des ailes à nos concepts !
Francis Hallé – La condition tropicale – Actes Sud 2010 – p.30

Le botaniste Francis Hallé, co-inventeur du Radeau des Cimes, s’emploie à décrire les tropiques et la menace qui pèse sur la biodiversité de leurs forêts. Sa passion est communicative et la poésie déborde de ses ouvrages de vulgarisations scientifiques. Il n’en faut pas plus pour que le compositeur Olivier Strauch s’engage dans une ambitieuse proposition de réponse à son « invite » aux poètes. Mais pas tout seul… Il emmène dans son sillage deux enfants de 11 ans et demi, Éléonore André et Adèle Guillou. L’idée ? S’inventer des personnages, une ébauche de conte, aller rencontrer Francis Hallé chez lui puis partir en Guyane découvrir les sons de la forêt tropicale en péril, les populations qui y vivent et les scientifiques qui l’étudient. Et au retour, finaliser ensemble l’écriture de ce conte musical présenté avec des musiciens professionnels.

Plumbea (Eléonore) et Spevida (Adèle) se découvrent un peu désemparées, dans un étrange décor évoquant une insolite catastrophe qui viendrait de se produire. La découverte d’une boîte noire, et les images que celle-ci leur dévoile fait remonter à leur mémoire les souvenirs d’un mystérieux voyage en radeau, qu’elles viennent en fait d’effectuer ensemble, en compagnie de Kalankoué (Olivier Strauch), la « voix de leur conscience », lui aussi oublié… !

Au décours des images de ce voyage redécouvert, quels liens parviendront-ils à tisser, au sein des trois îles rencontrées, entre le scientifique fou, une envahissante mygale, leur stupéfiante amnésie, la phrase invitant les poètes à donner des ailes aux concepts scientifiques, le pessimisme miraculeusement évaporé de Plumbea et la joie très intérieure de Spevida, puis cette complexe et merveilleuse structure d’une inquiétante fragilité ? De quelle nature fut cet insolite effondrement qui les avait d’abord perdus l’un à l’autre puis rassemblés, laissant aux creux de leurs rires l’amère sensation que les soleils de demain brilleraient d’une nouvelle lumière ?

Pour leur conte, outre les personnages et le scénario, Adèle, Éléonore et Olivier se sont inventés un essentiel Radeau des Arts. L’Ant(h)ropiquocène constitue l’ultime étape de ce parcours dont le déroulement fait l’objet, depuis son origine, d’un film documentaire de création portant sur cette singulière façon d’allier arts, sciences et transmission… Afin de garder à l’image un peu de la poésie insufflée par Francis Hallé et recherchée dans le conte, c’est à bord de radeaux bien réels que s’articulent tout naturellement les différentes parties du film.