Jazz Batá

Chucho Valdés & Yilian Cañizares

Retour aux sources du jazz afro-cubain

Inédit

Chucho Valdés Piano
Eric Barberia Bata
Yaroldy Abreu Congas
Ramon Vasquez Bass
Invitée Yilian Cañizares Voix, violon

En 1972, le pianiste Chucho Valdés enregistre un album qui entrera vite dans la légende de la musique afro-cubaine : Jazz Batá. Petite révolution en effet : en compagnie du contrebassiste Carlos del Puerto et du percussionniste Oscar Valdés, il y expérimente l’hybridation de rythmes hérités des traditions africaines avec des improvisations de jazz… autour de tambours batá, ces percussions sacrées issues de la tradition yoruba.

Alors que le jazz avait mauvaise presse à Cuba du fait de ses origines américaines, la sortie de cet album fit se lever de nombreux sourcils inquisiteurs... mais n’en prit pas moins la valeur d’un manifeste et inspira largement le foisonnement de déclinaisons ultérieures du jazz afro-cubain.

Le groupe Irakere (‘forêt dense’ en langue yoruba) qu’il fonda l’année suivante autour du trio initial en fut durant près de trente ans l’un des flamboyants étendards. A la source de véritables forêts de sons, au carrefour de rythmes afro-cubains, beats rock, soul, funk et harmonies ou improvisations issues du jazz, Irakere s’imposa comme l’un des meilleurs ambassadeurs de l’île.

Aujourd’hui, Chucho Valdés revisite ce moment fondateur de Jazz Bata, par un « Jazz Batá 2 » enregistré en 2018 et dont ce concert est la déclinaison scénique, percussive et lyrique.

Avec une ferveur indéfectible, il captive par la force des rythmes qu’épousent les mélodies inscrites au cœur de superbes harmonies développées au piano et à la contrebasse, et parle ainsi de son jeu : “J’ai appliqué à mes solos les différents rythmes du batá. Le piano est bien sûr un instrument harmonique mais il est aussi percussif, et l’on peut jouer des percussions dessus.” Ainsi, ce ne sont pas deux mais trois percussionnistes qui croisent leurs rythmes dans ce concert d’une fabuleuse modernité.

Pour ce programme, Chucho Valdés sera entouré de ses trois musiciens, tous venus de la région de Guantanamo : le contrebassiste Yelsy Heredia, nominé pour les Grammy Latinos, le percussionniste Yaroldi Abreu avec qui il joue depuis plus de vingt ans et le jeune joueur de tambour batá Dreiser Durruthy Bombalé à la voix si singulière, aussi marquante que l’énergie de son doigté.

Bonheur supplémentaire, le festival a demandé à Chucho d’inviter la vibrante violoniste et chanteuse Yilian Cañizares, elle aussi au croisement de mille saveurs, voguant au gré de ses compositions et improvisations entre jazz, musique classique occidentale et afro-cubaine.

De quoi célébrer avec faste la créativité du jazz afro-cubain !