Étoile de Babel

Salon d’écoute

Cinq langues en voie de disparition revivent

Marie-Hélène Bernard Conception et composition

Au commencement, selon le récit de la Genèse dans la Bible, une seule langue aurait permis aux hommes de communiquer entre eux, puis celles-ci se multiplièrent… Mais toute cette diversité linguistique est en train de fondre, et parmi les quelques six mille langues du monde, un grand nombre est en train de disparaître, ce phénomène s’accélérant d’année en année.

Cette installation est un hommage de l’artiste sonore Marie-Hélène Bernard à Boa Senior, une femme âgée de quatre-vingt-cinq ans, habitante de l’archipel des Andaman (golfe du Bengale), dernière locutrice de la langue Bo. Dans ce projet, l’artiste étend sa démarche et travaille à partir de matériaux linguistiques issus de cinq régions du monde : le Guugu-Yimithiir (une langue aborigène d’Australie), la langue Ongota (d’Éthiopie), la langue Sauk (une langue indienne d’Amérique du Nord) et la langue Ös (de Sibérie)

Dans l’obscurité d’une salle assez grande, cinq lumignons disposés en étoile dissimulent cinq haut-parleurs. En pénétrant dans le lieu, l’auditeur ne perçoit qu’une rumeur mouvante, tissée de sons naturels, de matériaux électroacoustiques et de bribes de mots quasi inidentifiables. Il va lui falloir déambuler et tendre l’oreille, pour distinguer, selon le moment, de quelle branche de l’étoile il faut s’approcher pour écouter distinctement des fragments d’une histoire mythique dans l’une des langues mises en avant. Celle-ci va être engloutie progressivement dans un univers sonore diffus, et peu à peu une langue localisée dans une autre branche émergera à son tour. C’est à chaque participant de dessiner son parcours, selon sa disponibilité, son désir, et son niveau de curiosité… Une traduction des histoires racontées est proposée à l’entrée de l’installation.