Derviche

Bab Assalam invite Sylvain Julien

Transe soufie et poésie circassienne

Khaled Aljaramani Oud, chant
Mohanad Aljaramani Percussions, oud, chant
Raphaël Vuillard Clarinettes, électronique live
Sylvain Julien Danse, cerceaux

« Dans les cadences de la musique est caché un secret ; si je le révélais, il bouleverserait le monde. »
Rûmî

S’inspirer de la tradition pour mieux s’en écarter, se l’approprier et la faire revivre à travers un langage contemporain.

Au départ, une rencontre : celle de Bab Assalam, ses deux musiciens classiques syriens et son clarinettiste français adepte de musique de chambre, tous férus de rencontres musicales Orient-Occident, avec un circassien, tout à la fois danseur, manipulateur d’objets et zélateur de cerceaux. Germe alors l’idée de revisiter le mythe des derviches tourneurs, invitation pour aller au-delà des frontières musicales, au-delà du mouvement et des corps, au-delà du temps.

Alors qu’en 2010, lors du dernier concert de Bab Assalam à Alep en Syrie, une dizaine de derviches tourneurs avaient été invités sur scène, il ne s’agit plus aujourd’hui de reproduire cet événement du passé, fut–il étincelant, mais bien de le prolonger dans une démarche contemporaine, transcendée par l’art circassien. Une première saveur de cette création avait été donnée l’année dernière au Fort Barraux, lors de la clôture des Détours de Babel. En voici maintenant la pleine expression.

Les cerceaux, qui rappellent les cercles de derviches, sont ici rythme et musicalité. Cercles qui perpétuent le cercle, ils le transforment en même temps qu’ils nous transforment. Sylvain Julien s’en empare comme un instrumentiste qui rejoint les autres musiciens, jouant de la musique, du cercle et du corps.

La composition musicale quant à elle s’inspire fondamentalement de la musique soufie qui amène à la transe où les rythmes rappellent les battements du cœur, la scansion du souffle et la répétition des noms sacrés ; et elle fera tout autant appel à la wasla de la musique orientale, cette suite de pièces instrumentales et chantées issues d’un même mode maqam. Réorchestrant les morceaux traditionnels et improvisant autour de ceux-ci, les musiciens poursuivront aussi leurs expérimentations à travers un design sonore et une multi-diffusion qui plongeront l’auditeur au cœur du son et de la musique.

Un concert ‘tourné’ qui nous emmène, au gré de l’accélération des battements du cœur vers notre souvenir, vers notre avenir, ouvrant un chemin pour se réunir et tourner avec les planètes et les étoiles.