Anahita

Ariana Vafadari

Des chants zoroastriens à Monteverdi

Ariana Vafadari Chant, composition
Julien Carton Piano, arrangements
Driss El Maloumi Oud
Leila Soldevila Contrebasse

Anahita, divinité iranienne des eaux, de la fécondité, de la sagesse, est celle qui alimente les cours d’eau, nourrit les hommes et les êtres vivants, bétail et plantes. Elle est aussi la guérisseuse et celle qui initie à la sagesse. Or, depuis ces temps légendaires anciens, le culte du féminin fut oublié et le visage d’Anahita effacé. Les eaux se retirent chaque jour davantage du lit des rivières et des sources souterraines. Le féminin bafoué se reflète dans cette sècheresse qui gagne inexorablement du terrain, transformant le monde fertile et verdoyant en un désert brûlant.

Parabole sur notre monde, Anahita est une création musicale, née de l’amitié et de la complicité artistique et intellectuelle de deux femmes franco-iraniennes, toutes deux installées en France, Ariana Vafadari, chanteuse mezzo-soprano à la remarquable carrière classique, et Leili Anvar, spécialiste en Littérature Persane, et auteure de nombreux essais sur les grandes figures mystiques.

Dans une précédente création, Gathas, Ariana Vafadari, imprégnée dans son enfance par la poésie et la philosophie zoroastriennes transmises par son père, avait eu à cœur de faire ressurgir les écrits millénaires de Zarathoustra, réunis dans « L’Avesta ». Ces textes empreints de sagesse et de spiritualité, prônaient la lumière et la bonté inhérentes à l’homme, tout en exprimant aussi ses doutes et ses choix.

Avec Anahita, si certaines prières zoroastriennes nous rappellent toujours cette sagesse ancestrale, des morceaux et des tableaux évoquant la divinité iranienne viennent les rejoindre. Composées et interprétées en persan et en français par Ariana Vafadari, ces pièces sont issues de textes originaux de Leili Anvar. Un poème du maître persan Rûmi y trouve aussi toute sa place, tout comme deux chefs d’œuvre de Monteverdi.

Entourée de musiciens aux origines culturelles et musicales diverses, certains formés à la musique traditionnelle iranienne, marocaine, d’autres au jazz, à la musique classique occidentale, Ariana Vafadari passe en effet librement, et avec brio, d’un univers à l’autre. Voyage au cœur des parfums d’Orient et d’Occident.