Amir Amiri

Le santour au présent

Amir Amiri Santour

De son Iran natal, Amir Amiri a amené dans son exil au Québec une connaissance approfondie du santour, ce dulcimer à 72 cordes frappées, iconique de la musique classique persane. Depuis lors, fertile compositeur, il a toujours cherché à explorer les limites de sa musique en transcendant les frontières et les genres au-delà d’une pensée traditionnelle trop figée.

À la suite de sa formation initiale persane, il a ainsi étudié la musique classique hindoustanie avec quelques-uns des grands maîtres comme Ravi Shankar ou Nusrat Fateh Ali Khan. Son arrivée au Canada en 1996 lui a aussi permis de trouver un havre d’inspiration au Banff Centre for the Arts lors de différentes résidences. Il a pu depuis lors travailler avec des artistes de la scène jazz tels que Hugh Fraser, Mike Murly et Darcy Phillip Gray, ou des ensembles comme Constantinople. En tant que percussionniste, compositeur ou directeur musical, il a en outre pris part à de nombreux projets avec des compagnies de danse et de théâtre à l’instar de Théâtre Sortie de Secours, Alexia Burger, l’Alberta Ballet ou Décidément Jazz Danceworks. Il joue dorénavant avec l’ensemble Kimya, « Entre brume et soleil », établi à Paris.

Les créations et adaptations d’Amir Amiri, imprégnées de motifs traditionnels retravaillés dans une approche résolument contemporaine, tissent constamment des passerelles entre cultures anciennes et temps présent. Ainsi, alors que d’ordinaire, le santour est un instrument modal qui ne peut produire ni modulation ni notes accidentelles, Amir Amiri a modifié le sien de façon à qu’il soit doté de ponts mobiles. Grâce à cette trouvaille, son instrument est désormais en mesure de changer d’accordage et d’accéder à tous les modes souhaités en quelques secondes, ce qui élargit considérablement ses possibilités de composition et d’interprétation... Où qu’il réside, Amir Amari demeure un infatigable inventeur culturel.