Celui qui transporte des œufs ne se bagarre pas

Roberto Negro

France / République Démocratique du Congo / Burkina Faso / Belgique
Jazz transculturel

Conception, composition : Roberto Negro, Valentin Ceccaldi
Sur des textes* de  : Fiston Mwanza Mujila, In Koli Jean Bofane, Gaston Miron, Pier Paolo Pasolini
Interprètes :
Bart Maris : Trompette, Installation bandes magnétiques
Roberto Negro Piano préparé, claviers
Valentin Ceccaldi : Violoncelle
Marcel Balboné : Batterie, percussions

Scénographie et création lumière : Guillaume Cousin
Régie son  : Mathieu Pion
Regard extérieur : Emilie Le Roux

En juin dernier, le pianiste Roberto Negro est retourné à Kinshasa, où il a passé les quatorze premières années de sa vie. Son but ? Imaginer une création autour de la capitale de la République démocratique du Congo.

Pour ce voyage, il embarque le violoncelliste Valentin Ceccaldi avec lequel il partage tant d’aventures musicales et amicales. Ensemble, ils se sont imprégnés de l’ambiance de la ville, ce royaume de la SAPE et du N’dombolo (musique actuelle issue de la rumba congolaise), ville monde déglinguée mais débordant de vie et de créativité, où la froideur de la misère et des lois du commerce libre n’a pas glacé l’énergie de la parole et la musique. Les deux musiciens n’entendent toutefois pas écrire un spectacle qui parlerait de cette ville de contraste mais bien plutôt qui serait traversé par elle. Traversé par son atmosphère, par sa littérature aussi, incarnée ici par Fiston Mwanza Mujila, jeune écrivain congolais à l’écriture rythmique, gorgée de musicalité et porteuse d’une insurrection de la poésie.

Le trompettiste Bart Maris rejoint le duo et endosse le rôle de « sorcier maitre de cérémonie », en convoquant la voix des esprits via ses vieilles bandes magnétiques étirées sur toute la scène. Les textes de l’auteur congolais s’y frayent un chemin au milieu des bruits de la ville et des projections d’images hallucinantes. Marcel Balboné, percussionniste et chanteur originaire du Burkina, rejoint lui aussi le projet et emporte l’ensemble dans un tempo irrépressible. Si le proverbe en lingala dit que Celui qui transporte des œufs ne se bagarre pas, nous dirons que celui qui assiste à la réunion de ces artistes-là retrouve la force de vaincre par la création.

Roberto Negro

S’il est né à Turin de parents italiens, c’est à Kinshasa, au Zaïre, dans un milieu francophone, que Roberto Negro a grandi et fait ses premières expériences musicales. Après être sorti diplômé en Jazz du CRR de Chambéry, le pianiste multiplie les collaborations interdisciplinaires : théâtre, poésie, chanson théâtrale et même opéra miniature (Loving Suite pour Birdy So, en 2012). Plus que jamais avide de rencontres et de renouvellement, Roberto Negro mène de front aujourd’hui une multitude de projets. En 2016, il était l’un des artistes « révélations » de Jazz magazine.

Valentin Ceccaldi

Le violoncelliste Valentin Ceccaldi est né dans une famille de musiciens : son grand-père, son père et son frère sont violonistes. Jusqu’à l’âge de 17 ans, il étudie au conservatoire. Pendant un stage dédié aux musiques improvisées avec la contrebassiste Elise Dabrowski, il découvre d’autres champs d’expression. Il multiplie alors les collaborations et joue dans de nombreuses formations : Toons, In Love With, Garibaldi Plop, Freaks, Walabix, Marcel et Solange, parmi d’autres. Il goûte aussi tout particulièrement les expérimentations interdisciplinaires.

* Pourquoi le lion n’est plus le roi des animaux In Koli Jean Bofane, Gallimard jeunesse, 1996 /// Demain l’histoire in L’homme rapaillé, de Gaston Miron ed. Gallimard, 1970 /// Tram 83 de Fiston Mwanza Mujila, 2014 /// Te voir dressé sur tes deux pattes ne fait que mettre de l’huile au feu Fiston Mwanza Mujila de lansman éditeur, 2015 /// Lettere luterane de Pier Paolo Pasolini, édition Garzanti, 1975 – traduit de l’italien par Roberto Negro.