Festival Détours de Babel

du 17 mars au 7 avril 2017 « Mythes et légendes »

« Plutôt que de raconter, comme le fait l’histoire, le rôle du mythe semble être de répéter, comme le fait la musique. » Gilbert Durand

Imaginez la guitare de Serge Teyssot-Gay dialoguant avec Hal 9000, le super calculateur de 2001 Odyssée de l’espace, imaginez Faust qui décide d’écrire un opéra délirant aux multiples déroulements, imaginez un chœur d’enfants qui poursuit King Kong dans la jungle sous la baguette de Raoul Lay, ou un autre qui chante, avec Jean-François Vrod et le quatuor Béla, un opéra 3.0, dans un futur imaginé en proie aux bouleversements climatiques…

Imaginez encore la rencontre dansée des dieux de la mythologie grecque et des génies africains par Alexandros Markeas, les divinités yoruba des rituels vaudou métamorphosées par Omar Sosa et Jacques Schwarz-Bart, le destin de Shéhérazade des contes des Mille et Une nuits transposés par Abdel Sefsaf dans le Moyen-Orient d’aujourd’hui.

Ce n’est pas tout ! Imaginez Thierry Poquet convoquant l’astrophysique et les mythes des peuples chamaniques autour des particules élémentaires, ou bien Jeff Mills envoyant ses pulsations électroniques vers les planètes du système solaire en compagnie de l’Orchestre National de Lyon…

Au cours de cette 7e édition du Festival, les mythes et légendes de toutes origines seront le fil rouge des 80 concerts et spectacles proposés. Nous voyagerons dans les mythes les plus anciens, des mille et une nuits à la Tour de Babel, d’Orphée à Faust, etc. Nous explorerons aussi les mythes modernes de la science, de l’exploration de l’univers, ou bien ceux de la révolution, du monde idéal, etc. Nous suivrons également les génies africains jusque dans la Caraïbe, les épopées des peuples d’Asie, les êtres imaginaires des contes populaires, etc.

Enfin nous créerons de nouveaux récits fantastiques d’ici et d’ailleurs et inventerons même nos propres légendes urbaines grenobloises à partir des êtres fantastiques qui peuplent la région…

Nos désirs, nos aspirations, nos peurs, se racontent dans ces mythes dont on a perdu l’origine, dans ces légendes dont on ne distingue plus ce qui est vrai de ce qui est inventé.

Héritage de l’imaginaire de l’humanité qui se transmet de génération en génération, ils transmettent des valeurs bien souvent universelles qui incarnent l’inconscient collectif de la société, le reflet de ses valeurs, de ses rêves et de ses troubles.

Autant d’histoires à découvrir, redécouvrir ou inventer en musique, qui parlent de notre besoin partagé de merveilleux pour raconter notre condition humaine et imaginer les légendes de demain.

Benoit Thiebergien